Cher vrai Père Noël,

 

                                 J’ai longtemps cru à la poste des rêves.  Je crois aujourd’hui que la poste des rêves est en grève. Ou que les rêves n’envoient pas de lettre. Ils n’écrivent pas, mais veulent être écrits.

                                
                                 Du haut de votre nuage, vous lirez ces pages. Je vous promets d’être sage. Qu’importe que vous soyez vrai ou faux. Je ne prends que ce que j’ai : un petit rêve fait réalité.
Je m’autorise de vous tutoyer, je sais que vous comprenez tout et  que tu pardonnes plus.

                                 
                                 Mon petit doigt qui est malin me susurre à l’oreille que nous pourrions avoir de vos nouvelles à l’occasion des fêtes. Mon petit doigt ne se trompe jamais. À quelle autre époque pourrais-tu te manifester ? Il est de tradition que tu passes dans la nuit du 24 décembre dans les chaumières. Les cheminées sont toutes allumées, et ici, le froid a gagné. Mais je sais que tu es généreux et tout de rouge vêtu, ce qui ne gâte rien à l’affaire. Alors, écoute-moi bien… Ou plutôt, lis avec attention !

                                 

                                 À un enfant qui m’a dit : “ Le père Noël est très gentil et je crois en lui. ”,  j’ai répondu : “ Oui, il est très gentil et moi aussi, je crois en lui ”.  Longtemps, j’ai cru que le vrai était vrai, puis que le vrai était faux puis que le faux était faux.

                               

                                Qu’importe cette incertitude où personne ne se retrouve.  Vrai ou faux, tu feras aussi bien l’affaire. À chacun son père Noël. Donc je persiste.

                                

                                En cette journée particulière, je voudrais simplement que tu entendes toutes les prières de notre monde et que tu transmettes le message à tous les bons dieux du ciel et de la terre. Que tous réunis, et pour une fois d’accord, nous fassent de ces superbes miracles pour que tous les enfants de la terre puissent rire au moins un jour de l’année, un seul jour… Même pas deux ni trois. Ce serait trop demander. Non, un seul jour. Mais le même jour pour tous ! Peut-être qu’après ça, dans le dictionnaire, la page qui contient le mot ennemi disparaîtra toute seule et que celle qui possède le mot paix se transformera en aile d’anges pour visiter tous les enfants du monde.

                                 

                                Je sais, je sais ça va te faire de la peine car, juste au-dessus du mot ennemi, on trouve… le mot enneiger. Mais je rêve, c’est vrai. Les bons Dieux de la terre ne l’ont pas encore déchirée, cette mauvaise page, sans doute pour ne pas te fâcher.  Allons, un petit effort !  Tu peux bien te passer de neige, non ? Les enfants t’aimeront longtemps.

 

Voilà !  J’ai écrit ce rêve que je poste à la presse n’ayant pas ton adresse.

P ‘ t i t Papa  Noël

Quand tu descendras du ciel

Oublie mon petit soulier*

Mais  n’oublie  pas  mon  vœu :

Transmets  ce  message  aux  bons  dieux.

* Pardon et merci à  Monsieur Tino  Rossi …